Mieux-être

Vieillir, c'est s'embellir
« L'enfer des femmes c'est la vieillesse », De La Rochefoucauld.
Catherine Guilbot, elle avait 18 ans en mai 68
Catherine Guilbot, elle avait 18 ans en mai 68

Un tel titre d'article à l'air du Botox, ça peut sentir l'intox, je le concède. Chanter une ode aux rides, à l'ovale du visage qui s'amenuise avec le temps. Chanter la beauté des tâches qui apparaissent sur les mains et ponctuent les années qui passent. Non, je ne chanterai pas cet air là mais peut être aurons-nous la joie de le chanter un jour.

Tout d'abord, prenons bien en compte que dans notre société, tout changement corporel dû au temps qui passe est considéré comme disgracieux voire laid et ce depuis sans doute, toujours.

Au 18ème siècle, l'espérance de vie était de 24 ans pour les hommes et de 26 ans pour les femmes. Bien entendu, le taux élevé de mortalité infantile plombe le chiffre mais bien moins que ce que l'on pourrait croire. Entre 1898 et 1903 elle était de 45,4 ans pour les hommes et 48,7 pour les femmes. Ces chiffres ont clairement augmenté au niveau mondial dans les années 50 pour atteindre, dans notre pays, 85,6 ans* d'espérance de vie pour les femmes à la naissance entre 2015 et 2020.

Désormais, la vieillesse dure bien plus longtemps qu'avant. Malheureusement, le curseur entre la jeunesse et la vieillesse et resté bloqué. Les jeunes ont 20 ans. Jusqu'à 30 ans nous sommes de jeunes adultes ensuite nous sommes des mères puis des grands mères. La beauté reste l'apanage de la jeunesse et rarement celui des femmes de plus de 50 ans. Certaines sont encore considérées comme belles, certaines comme ayant dû être très belles par le passer, d'autres sont qualifiées de fanées. L'impression de vivre avec une date de péremption beauté est de plus en plus forte chez les jeunes femmes. Bien au-delà de cette beauté qui s'enfuit avec les années, c'est la peur d'être recalée par la société qui nous angoisse. Mais pourquoi toujours associer la beauté à la jeunesse? Il s'agit sans doute d'une cause culturelle construite au fil des siècles par les mots de certains écrivains et philosophes puis entretenue par l'industrie cosmétologique des soins anti-âge.

Nous sommes innondé.e.s par des images faisant l'éloge de la beauté au travers de très jeunes mannequins. Je vous laisse imaginer les budgets alloués à la communication de l'industrie anti-âge pour qu'elle réussisse encore à nous faire croire que grâce à une crème, nous pouvons à 40, 50, 60, 70 ans avoir la même peau qu'une femme de 20 ans qui en plus d'être très jeune, est photoshoppée.

Les rides et leur aura maléfique, comme un filtre anéantissant, par sa seule présence, toute notion de beauté. La vieillesse présentée comme une décrépitude excluant une possibilité de beauté à venir mais laissant parfois entrevoir une beauté passée:

Elle devait être belle quand elle était jeune...

Catherine Guilbot, 18 ans en mai 68, elle a pleinement expérimenté la vie et continue hardemment à le faire
Catherine Guilbot, 18 ans en mai 68, elle a pleinement expérimenté la vie et continue hardemment à le faire

A nous de résister au champ des sirènes de l'industrie pro-jeunisme. La beauté n'a pas d'âge, le Pont Valentré n'a plus 20 ans depuis longtemps, les années n'ont que peu de choses à voir avec l'esthétisme. Vieillir c'est devenir, à chaque minute qui passe, un peu plus soi, psychologiquement comme physiquement. Tout ce qui change ne doit pas être vécu comme une perte mais comme un gain. Plus d'expérience, plus d'assurance, plus d'expressivité pour plus de sagesse, c'est ça la vieillesse. Des femmes qui connaissent leur corps, leur style, leurs envies. Des femmes qui ont connu l'arrivée de la mini-jupe et du bikini, des femmes qui ont porté des créoles fluo dans les années 80, des femmes qui sont nos mères et nos grands-mères et qui doivent évoluer dans une société qui tend de plus en plus à éloigner les jeunes des vieux.

Faire du changement d'apparence physique la porte de sortie définitive de la féminité, de la beauté et souvent, de la société, voici ce qui nous est vendu à longueur de journée.

Cette féminité sans cesse associée à la beauté de la jeunesse, en plus d'être anxiogène est insultante. Alors non, vieillir ce n'est pas s'embellir mais il ne tient qu'à nous de changer de regard et de cesser de voir dans les femmes qui ne sont plus jeunes ce qu'elles sont, et pas ce qu'elles furent lorsque leurs seins étaient plus fermes. Élargissons la palette de la notion du Beau grâce à un regard capable de prendre en compte les marques de la vieillesse comme un plus, une chose normale et non pas comme un anéantissement de la féminité. A nous de poser un beau regard sur cette vieillesse qui nous attend toutes afin de rendre à nos mères et nos grands-mères leur beauté volée par la société consumériste.

*source INSEE

Les bienfaits du printemps

Il était temps...

Avant
Avant
Après
Après

Pluie, neige, inondations, routes bloquées et ciel plombé. Lèvres gercées, système immunitaire dans les talons, morve expulsée dans nos mouchoirs. Vitamine D en berne fourrée au fond de nos grosses chaussettes avec notre bonne humeur. Si on aime tant le printemps c'est justement parce que tout cela s'arrête.

Avec l'arrivée du soleil, nous refaisons le plein de vitamine D, notre squelette est tout content. Les virus hivernaux se font la malle et notre système immunitaire se tranquillise. Mélatonine, sérotonine et dopaminenous regonflent le moral. Les bienfaits du printemps sont physiologiques et cela bouleverse pas mal de choses dans notre quotidien. C'est d'ailleurs en mettant nos gros manteaux au placard que nous retrouvons notre libido qui était restée enfermée avec nos petites robes d'été. C'est en raclant la corne des pieds qui nous avait fait prendre 2cm de hauteur en s'accumulant tout l'hiver, que nous nous rappelons à quel point il est agréable de porter des tongs et de vivre sans chaussettes.

Alors voilà pourquoi l'arrivée du printemps nous réjouit :

Accès illimité au Beau :

On commence le potager...
On commence le potager...

Le printemps est la saison où la nature exulte et dans le Lot, nous sommes bénis des dieux. Rivières, arbres, fleurs, du vert à perte de vue et des oiseaux qui chantent à tue-tête. Pour assister au spectacle, il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder cette nature qui monte en puissance de jours en jours et ce, jusqu'à l'arrivée du prochain hiver. Profiter du printemps, c'est avant tout observer la force du vivant à travers le végétal. Les paysages lotois font de nous des spectatrices et spectateurs privilégié.e.s., sachons en profiter.

On mange mieux et on bouge plus:

Avec le froid, l'envie de « manger gras » et de moins bouger nous étreint et c'est bien légitime. Avec l'arrivée des beaux jours, d'autres envies apparaissent : grillades de viandes, de poisson, de légumes, fruits de saisons qui nous ferons oublier peu à peu le goût des agrumes. En plus de ce changement alimentaire saisonnier, on en profite pour passer plus de temps en extérieur que ce soit pour le jardinage, pour faire des balades ou juste pour profiter d'une terrasse du centre ville.

On retrouve bonne mine :

La pêche, encore plus efficace que le fond de teint...
La pêche, encore plus efficace que le fond de teint...

Le simple fait d'arrêter le chauffage dans nos maisons va faire du bien à notre peau qui, pendant tout l'hiver, à dû jongler avec froid et chaud. Résultats : des petits vaisseaux qui éclatent et un teint pas joli-joli. Laissez les fenêtres ouvertes le plus possible pour que le printemps imprègne vos murs quitte à ce qu'il fasse un peu frais chez vous, votre peau vous remerciera. Profitez des premiers rayons faibles en UV pour passer quelques minutes (pas plus 10 minutes) au soleil sans protection, histoire de relancer la machine doucement. Dès que le soleil se fait plus fort, protection solaire bio et surtout, on ne se fait pas rôtir la peau même quand on s'est enduite de protection, c'est dangereux et inutile.

On passe moins de temps à s'habiller :

Avec l'arrivée des beaux jours, les grands dilemmes pour s'habiller disparaissent ! Finis les questionnements du genre : est-ce que mes bottines s'accordent bien avec mon manteau qui a déjà du mal à bien s'accorder avec mon sac à main et qui jure un peu avec la couleur de mon écharpe ? Terminé ! Tenue légère, sandales, une petite veste, panier et en route.

Du Beau, du mieux et du bien, voici ce que nous promet le printemps avec son arrivée. Welcome.

Au-delà de la charge mentale...

Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure et fortuite coïncidence ou pas.

Il faudra que... Est-ce que j'ai pensé à... Est-ce que j'ai oublié quelque chose... C'est donc comme cela que les femmes comptent les moutons pour essayer de s'endormir?

Mercredi, 7h, au lieu de profiter de notre brossage de dents pour contracter notre périnée pour ensuite prendre plaisir à essayer notre nouvelle crème de jour achetée avec notre argent si durement gagné, au lieu de ça, nous voilà entrain de nous demander si on aura le temps d'aller faire quelques achats au marché avant de filer au bureau parce qu'un déplacement a été différé et que l'on doit annuler l'hôtel réservé pour dans trois jours, ou quatre, on ne sait plus. En même temps on nous demande si tel pantalon est propre et on nous rappelle que le petit dernier a une sortie avec l'école demain et qu'il faudra penser à acheter du jambon. Au fait, note à moi-même : ne pas oublier que l'ainé est invité chez un ami ce week end et qu'il faut acheter un cadeau. Puis une phrase claque dans l'air : « la machine à laver a fini de tourner ». Notre cerveau retravaille cette remarque en moins d'une seconde, traduction : il faut sortir le linge.

7h16 et on a l'impression de vivre les pieds collés à un agenda endiablé qui nous sert les chevilles avec ses mains malfaisantes et tente de nous plaquer au sol.

7h17, on tape rapidement sa tête contre un mur et on souffle un grand coup.

Ben qu'est-ce que tu as ? Tu n'as pas assez dormi ? Il faut que tu te couches plus tôt.

Entre esclavagisme et mise sous tutelle, il peut arriver certains jours que l'on ai juste envie de faire brûler la baraque, voici le résultat d'une charge mentale si lourde que lorsque vous fermez les yeux vous voyez des flammes.

Arrêter de s'épiler et fuguer à Amsterdam dans un Van n'est malheureusement pas toujours la solution adaptée alors qu'est-ce qu'on fait ?

1/ On instaure le dialogue : pour ce faire, mettez un casque et cramponnez vous à la table et surtout, surtout, ne soyez pas surprise si des discussions farfelues sur la génétique, le football féminin et la castration chimique animent votre débat. Pendant une semaine notez tout ce que vous faites : travail, enfants, tâches domestiques et logistiques, hobbies (laule). Demandez-lui de noter également ce qu'il fait. Comparer à la fin de la semaine. Jubilez.

2/ On fait grève : plus de machine à laver, plus d'aspirateur, plus de gratin, plus de tortilla qui sent bon. Fini. D'après certains sociologues et psychologues, ceci n'est pas une bonne solution car elle fait pâtir toute la famille d'un manque de soin et sociétalement, le soin à la famille est exercé par la femme. Ne pas soigner sa famille c'est mal et la mère est intrinsèquement bonne alors on serre les dents. Il n'empêche qu'une petite grève de quelques semaines ne risque pas de tuer qui ce soit alors cette solution kamikaze peut être envisagée. Pour marquer le coup, partez seule en vacances, loin de préférence.

Ces deux conseils, séduisants tout deux, ne solutionneront sans doute en rien votre problématique. Par contre, continuez à vous dire, chaque jour, que vous êtes merveilleuse et que ce que vous savez si bien faire pour les autres, à savoir prendre soin d'eux, vous pouvez aussi le faire pour vous. Tout commence ici.

Régime Détox,

info ou intox.

Les beaux jours arrivent tout juste et on nous rebat déjà les oreilles avec le régime Détox. Mais de quoi nous parle-t-on exactement ?

Ce régime est censé nous débarrasser des toxines, sa durée peut varier de 1 à 7 jours. Doivent être consommés uniquement : des fruits, des légumes, des jus, des smoothies. On élimine la viande, les sucres raffinés, les matières grasses, la cigarette, l'alcool, la caféine, les produits transformés et parfois les produits laitiers. Mais pour quoi faire ? Pour perdre du poids et se sentir mieux, du moins, c'est ce qu'on nous dit.

Mais les toxines, qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit de déchets de l'organisme ayant un pouvoir pathogène en cas d'accumulation, c'est-à-dire qui peuvent nous rendre malade. Rassurez-vous, même si vous ne buvez pas 1 litre de jus de pamplemousse par jour, votre organisme élimine les toxines tout seul, comme un grand. Pour s'en débarrasser il utilise la peau -transpiration-, les reins qui filtrent 180 litres de sang par jour pour nous faire éliminer en moyenne 1,5 litre d'urine. Celui qui bosse le plus, c'est le foie, ses enzymes catalysent-accélèrent- la neutralisation des toxines dont l'ammoniaque et des cellules sanguines altérées, tout cela est ensuite éliminé par les reins. Bref, le corps humain est bien fait et les toxines sont éliminées même si on ne boit pas 1,5 litre de citron pressé par jour...

Est-ce que cela fonctionne mieux si on se nourrit exclusivement d'ananas ?

Non, cela ne repose sur aucune donnée scientifique valable. l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) a rejeté une soixantaine d'allégations de santé portant sur des plantes ou des substances revendiquant un effet "détox". Alors oui, des études effectuées in vitro ont démontré que le pamplemousse contenait de la naringine et l'ananas de la broméline, deux enzymes censées favoriser l'élimination des graisses. Le seul problème, c'est qu'elles sont respectivement situées dans l'écorce de l'agrume et la tige du fruit exotique, du coup, elles ne sont jamais consommées. Ces études n'ont pas davantage démontré d'efficacité lorsque ces fruits sont sous forme de compléments alimentaires. En gros, on vous a menti. Mais alors qu'est-ce qu'on fait ? J'aurai pu vous dire qu'une cure de raisins pendant 5 jours pouvait suffire à faire de vous une bombe intergalactique mais c'est faux, en plus, vous risquez une grosse diarrhée... Sachez qu'aucun fruit ni légume ne présente de bénéfices pour la santé justifiant d'être consommé de façon exclusive. Bien au contraire, les carences en glucides et surtout en protéines qu'ils entraînent vont fatiguer l'organisme et altérer ses capacités naturelles de détoxification. Pour conclure, le seul moyen pour maitriser son poids et être en forme c'est de manger équilibré, ne pas consommer d'alcools forts (jamais), éviter le tabac, les excès de graisse, de sucre et bouger. L'équilibre alimentaire se joue 365 jours par an et non pas 7...